EpIsOdE 1

Pourquoi ? Hein ? Pourquoi ils sont rentrés dans ma chambre ? Je déteste ça, je déteste ça ! Ils savent que je déteste ça ! C'est ma chambre à MOI ! Mon monde, mon univers. Je veux être ici chez moi, je veux être le maître de ce lieu, je veux qu'on me fiche la paix ! Qu'ils partent ils n'ont rien à faire ici ! Ce n'est pourtant pas dur à comprendre ! Ils sont des étrangers ici, ils n'ont pas le DROIT de franchir cette porte ! Je les déteste, je les déteste ! Je veux qu'ils s'en aillent ! Je tends ma main droite et balance le premier truc qui s'agrippe entre mes doigts. Ça fait plein de petites lumières, c'est beau, si beau quand ça explose sur l'épaule de mon père ! C'est des myriades d'étoiles qui naissent, qui naissent ici dans mon monde, dans ma chambre, contre l'épaule de mon père... Je souris. Je ris, je pars dans un grand éclat de rire. Les couleurs volent dans tous les sens, elles font des allées et venues dans la pièce, elles semblent paniquées et moi je me repais de ce spectacle cruel. J'aime les voir souffrir ces lumières, souffrir comme moi je souffre. Elles sont enfermées comme moi, quel plaisir sadique d'infliger ça aux lumières ! Quelque part, très loin quelqu'un hurle. C'est mon père qui hurle. Puis tout bascule il crie, il crie si fort quand il m'agrippe par le col de mon t-shirt et qu'il me soulève dans les airs. Il hurle si fort dans mon oreille mais ça me fait rire. Regarde toi petit papa tu es tout rouge, tu es si ridicule, je gagne contre toi, je gagne parce que moi je vois les lumières ! Toi tu ne vois rien, tu es incapable de voir quelque chose, tu vas mourir un jour et tu n'auras rien vu. Je vais devenir sourde si tu continues à hurler dans mon oreille mais je m'en fous parce que toi tu es aveugle ! Il me repose violement par terre. Maman pleure. Ne pleurs pas maman, c'est trop tard, toi non plus tu n'as rien vu, toi aussi je te déteste ! Non, non tu n'as pas le droit ! Je cherche à retenir les mains de papa mais elles courent trop vite, elles cassent tout. Non ! C'est à moi, tu n'as pas le droit ! Arrête papa, arrête je t'en supplie ne me le prends pas, je serai une bonne petite fille mais laisse moi ça ! C'est comme dans un rêve papa, je te vois prendre la bouteille et la briser. C'est malin ça ! Tu te rends compte, elle va être belle la moquette après ! C'est affreux, j'observe le liquide qui devient noir. Noir comme les pires ténèbres. Elles viennent pour nous. Parce que on est une famille de merde et que ça sert à rien notre vie. Elle monte sur toi papa, le liquide te gagne peu à peu, monte sur toi et... Non, ne me touche pas papa ! Non ! Je me débats entre tes bras. Non, tu vas me contaminer ! C'est froid ! C'est froid ! Le liquide vient sur moi maintenant petit à petit, il s'infiltre partout sous mes vêtements, il entre dans ma gorge, il m'étouffe. Mais lâche moi papa ! Comment tu peux supporter de faire mourir ta fille ? Tu es vraiment la pire ordure papa ! La pire ordure ! J'ai peur, le liquide va partout, c'est froid et tellement froid que ça me brûle ! Il me bouffe de l'intérieur. Je me frappe pour qu'il s'en aille mais on dirait qu'il s'en fout. Je frappe, je frappe, je frappe... Laisse moi ! Vas-t-en ! Non maman ! Non ! Moi aussi j'hurle maintenant. Je crie le plus fort possible, mais le liquide qui est dans ma gorge empêche le son de sortir... J'insulte mes parents. C'est de leur faute, de leur faute à eux. Ils ont tout fait de travers ! Il y a encore un concentré de lumière près de moi. Je l'attrape à nouveau dès que ma main passe à proximité et la colle dans la figure de mon père en lui hurlant de me lâcher. Il porte ses mains à son visage. Enfin je suis libre ! Je tombe par terre. Le plafond au dessus de ma tête tourne dans tous les sens et se transforme. On dirait le ciel. C'est beau, même si mes parents hurlent et qu'ils font tout pour gâcher cet instant... Je tends la main pour attraper les nuages. Ma mère répète mon nom en boucle, qu'est ce que c'est agaçant ! Mais elle va se taire ! Prends une pilule aussi maman, regarde sous mon lit, entre les lattes. Regarde maman, mets ta main et tu sentiras un petit sachet. C'est des boules de magie dedans. Après tu te sens comme Alice au pays des merveilles mais en moins cruche. Avale en une maman tu verras le monde devient plus beau, meilleur, même moi. Oui, même ta saleté de fille elle sera meilleure. Prend en une tu verras. J'attrape le sachet pour elle. Tiens maman. Elle m'arrache le sachet des mains. Oui maman, après c'est mieux. Beaucoup mieux. Papa n'arrivera pas à voyager, regarde ce qu'il a fait de ma tequila. Tout par terre. Il est malpoli. Ici c'est mon royaume, c'est moi la reine. Ceux qui ne m'obéissent pas devraient en subir les conséquences. Papa va mourir. Il va se faire avaler par le sale liquide noir. Le liquide de la ranc½ur. Ah ! Mais qu'est ce que tu fais ! Maman, pourquoi tu me mets les doigts dans la bouche ! Arrête. Ça fait mal ! Toi aussi, toi aussi tu m'as trahi ! Qu'est ce que tu as fait de mes pilules ? Il faut que j'en prenne ! Je lui donne une baffe. Tu l'as mérité maman, je t'avais prévenue. Ici c'est MON royaume, ma chambre, il ne fallait pas rentrer. Je décide de la règle du jeu ! Au secours, ils sont tous sur moi maintenant. Aidez moi petites lumières ! Aidez moi je vous en supplie ! Je ne peux plus bouger. Je veux partir encore. M'évader. Aidez moi petites particules d'espoir. Aidez moi. Ils me serrent trop fort. Je sens que je rentre à l'intérieur de moi-même. Je deviens minuscule, une poussière, le néant. Je veux savoir si j'existe encore. Je ne sens plus mon corps. Plus rien. Ils m'ont serré trop fort, beaucoup trop fort et maintenant je suis difforme ! Les lumières ? Où sont les lumières ? J'ai du mal à les serrer entre mes doigts, ma mère tente de les éloigner mais elle a peur d'y toucher. Non, c'est moi la plus rapide. Je les lance en l'air. Lorsqu'elles touchent le sol il s'embrase. Quel spectacle ! J'explose de rire. C'est moi qui ai fait ça ! Je suis la créatrice des lumières ! Je suis encore plus douée que Dieu ! L'étreinte se desserre, les parents vont s'occuper des lumières. Oui, jouez avec les lumières, jouez avec toutes les couleurs. J'offre le monde dans un paquet. Vous voyez ça vous plait hein ? Même si vous êtes mauvais, je vous en donne quand même. C'est une spirale qui déferle, elle est jaune et un peu rouge, un peu bleue. Elle s'enroule autour des corps, elle danse et moi je suis en extase devant une telle merveille, devant le flot de beauté que les lumières offrent à mes yeux. Mais j'ai de plus en plus de mal à les garder ouvert. Qu'est ce qui se passe ? Est-ce que je meurs ? Oh oui, je meurs avec les lumières, quelle belle mort, quel fabuleux dernier divertissement ! Je plonge mes mains dans ce flot de magie. Je joue avec. Oh oui ! Je m'immole avec la lumière !


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# Posté le dimanche 12 décembre 2004 16:17

Modifié le mardi 15 février 2005 18:33

Espisode 2

Vous m'aviez prévenu. Ils ne veulent pas m'écouter mais vous m'aviez prévenu ! Je savais que quelqu'un aller arriver aujourd'hui ! J'ai le droit de sortir. Oui, j'ai été « sage » pour pouvoir sortir aujourd'hui et la voir arriver. Quoi ? Qu'est ce que vous dites ? Mais oui je regarde ! Je ne fais que ça de regarder ! Parfois qu'est ce que vous pouvez être agaçantes ! Mais je ne vous le reproche pas sinon vous allez encore me faire du mal cette nuit et moi je ne veux pas souffrir encore. Vous voyez les médecins m'ont menti ! Ils m'ont dit que personne n'allait venir aujourd'hui mais je la vois bien la voiture qui entre dans l'allée ! Si ils ont menti sur ça ils ont menti aussi sur vous ! Oui, ils ont tord et moi je le sait. Comment peuvent-ils dire que vous n'existez que dans ma tête ? Que c'est parce que je suis malade que j'entends des voix ? Non, je ne suis pas malade, je vous entends trop fort pour être malade ! Ah ! Mais ne criez pas si fort ! Pas toutes ensembles ! Je ferai ce que vous me demandez mais si je n'arrive pas à comprendre je vais encore tout faire de travers et après vous allez me le reprochez ! Taisez vous un peu, je regarde. Peut-être que vous aussi vous pouvez regarder. Je ne sais pas, vous n'avez jamais voulut répondre à ce genre de questions ! C'est une belle voiture ça, moi aussi j'aimerai bien en avoir une comme ça... Si j'en avais une je partirai loin d'ici, loin de tous ces médecins qui me disent que je suis malade et que vous n'êtes qu'un produit de mon imagination... Vous la voyez la voiture ? Je connais par c½ur le chemin qu'elle va faire. J'ai raison n'est ce pas ? Elle va remonter l'allée, puis elle va se garer devant la porte. Oui ! C'est ça ! Vous avez vu ! Moi aussi parfois je peux deviner des choses ! Qu'est ce que vous dites ? Oui, je me rapproche, mais pas trop près parce que sinon je vais me faire disputer. Vous savez très bien, ils vont dire que je fais peur aux gens dans la voiture et que ça ne fait pas sérieux. Vous n'en avez peut-être rien à faire, mais moi pas ! Après quand je vais dans le quartier d'isolement, vous me laissez toujours tout seul ! Vous ne savez pas vous ce que c'est d'être enfermé tout seul entre ces mur. Je ne veux pas y aller ! Je suis assez près là ? Je vois tout moi d'ici, c'est bon non ? Bon tant mieux. Chut maintenant, je me concentre et je vous raconte. La portière s'ouvre du côté du conducteur et du côté passager et un homme et une femme en sortent. Vous voyez, eux, c'est des gens bien. Je le sais parce que les gens bien, ceux qui repartent d'ici avec la voiture ils sont toujours bien habillés et eux c'est leur cas. Je vous assure, lui, il porte même une cravate ! N'hurlez pas, je ne sais pas moi ! Comment je pourrai savoir qui ils sont ! Non, non, vous avez raison ils ne sont pas tout seul ! Ils forcent quelqu'un à sortir de la voiture. Ça me fait rire : vous avez toujours raison : quelqu'un arrive aujourd'hui : c'est elle. J'en suis sur ! Elle, elle va rester ici. Elle aussi on va lui dire qu'elle est malade. Peut-être que elle aussi elle entend des voix, peut être que vous allez pouvoir discuter avec ses voix à elle, ça vous fera des nouveaux amis ! Oui, oh ça va ! Je continue... Il ne faut pas être si méchantes ! Vous voulez savoir à quoi elle ressemble ? Euh... eh bien... Elle est jeune vous savez... Elle ne doit pas avoir plus de vingt ans. Il lui ont donné des pilules les salauds, regardez, elle tient à peine debout, les deux personnes sont obligées de la supporter dans leur bras ! C'est sur, sur, sur ! C'est bien elle la nouvelle malade ! Elle a des bandages autour des mains... ah ! Et autour de la tête aussi ! C'est tout ce que vous voulez savoir ? Oh ! Où est ce que vous êtes ! Je ne vous entends plus ! Eh ! Ne m'abandonnez pas ! Ah ! Vous m'avez fait peur ! Qu'est ce qui s'est passé ? Vous êtes allé la voir ? Non ? Bon d'accord c'est promis je ne demanderai plus, mais ne le prenez pas si mal ! J'ai peur quand vous êtes loin... Comment vous croyez qu'elle s'appelle ? Ouais, moi non plus je n'en ai aucune idée... Regardez, je crois qu'ils l'ont mit ko. Il faut que je la prévienne ! Il faut que je lui dise qu'elle doit refuser ! Pourquoi vous m'empêchez toujours de tout faire ! Moi aussi je suis content quand il y a des nouveaux. C'est amusant de voir des nouvelles têtes, mais vous voyez... Vous avez vu comme elle est jeune ? Elle ira rejoindre les autres. Bâtiment C, là où il y a les dortoirs, où on ne dort pas tout seul. Si elle va là bas elle va devenir mauvaise ! Elle va devenir comme celui qui m'avait lancé un caillou. Vous vous souvenez ? Quoi ? Non ! Vous n'avez pas bien fait de me dire d'aller me venger. J'ai été enfermé pendant deux jours tout seul à cause de ça ! Pour une fois vous ne parlez pas assez fort. Si vous chuchotez comme ça je n'entendrai pas. Parlez un peu plus fort. Oui, j'avais oublié de vous le dire pardon mais ils sont rentrés dans bâtiment. Même que la fille a fait une chute et son père a hurlé. Vous savez ce qu'il a dit ? C'était amusant : il lui a dit qu'elle lui faisait honte. Oui, honte. Je suis d'accord avec vous moi elle ne m'aurait pas fait honte, ce n'est pas de sa faute si elle est tombé. Mais ils ne le savent pas n'est ce pas ? Mais vous et moi nous savons, nous savons que si elle avait autant les yeux dans le vide c'est parce que il lui ont donné des médicaments. Non, je vous l'avais promis de ne plus les prendre moi, mais l'infirmière, tous les soirs elle vérifie qu'ils ne sont pas sous ma langue... S'il vous plait ! Ce n'est pas ma faute, ne dites pas ça ! Maintenant il faut lui dire à elle, à la petite malade de ne pas les avaler les médicaments... Vous savez où elle peut bien être maintenant. Elle est dans son bureau à Elle c'est sur ! Et Elle lui dit des mauvaises choses. Oui, elle lui dit que les voix qu'elle entend ne sont pas vraies et que elle doit se soigner. Oh je vous en supplie, je veux bien que vous m'abandonniez quelques minutes si vous allez lui dire qu'elle ne doit pas accepter. Non, non, non. Qu'est ce que vous dites ? C'est trop tard ? Pauvre petite chose... Mais je sais ce que ça veut dire ! Oui, ça y est ! J'ai comprit pourquoi vous vouliez que je la vois. Il faut que je l'aide n'est ce pas ? Oh dites moi, dites moi ce que je dois faire !


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# Posté le lundi 13 décembre 2004 12:05

Modifié le mardi 15 février 2005 18:32

EpIsOdE 3

Je ne me rappelle pas. J'ai beau chercher au plus profond de ma mémoire, rien ! Le néant, le vide ! Aucune idée pour expliquer ce que je fais ici. Ici ? C'est où d'ailleurs ici ? Allez Faith, cherche, souviens toi... La dernière chose qui me revient à la mémoire c'est que j'étais mal. Vraiment très mal. J'ai voulut faire ce que je fais toujours : partir. J'ai acheté une bouteille dans la superette en bas de chez moi. De la vodka ou de la tequila je ne sais plus... Le vendeur m'a demandé mon age et comme toujours je lui ai mentit en répondant que j'avais dix neuf ans. Là, je suis retournée chez moi. L'alcool ne suffisant pas toujours j'ai allumé un charbon pour faire brûler des résines afin d'embaumer la chambre. Comme toujours j'ai remplacé la résine par du shit. Je me souviens qu'il se consumait lentement sur le petit caillou rouge incandescent. Non ! J'ai bien allumé un charbon mais avant ça j'ai prit une des pilules sous mon lit. Je ne me souviens pas quelle pilule. Oui, et seulement là j'ai allumé le charbon. Je suis partie, oui je me suis encore évadée dans mon trip. D'après ce que je me souviens tout se passait bien. Qu'est ce qu'il a pu arriver ? Je me débats une nouvelle fois. Une nouvelle fois ça ne sert à rien. J'ai peur de crier aux secours. Est-ce parce que je me suis débattue que j'ai si mal au bout des bras ? J'ignore si c'est à cause des liens de cuir qui me retiennent sur ce lit ou pour une raison que j'ignore et qui fait que mes mains sont couvertes de bandages. Mes pieds aussi sont attachés et je ne suis libre de faire aucun mouvement. J'ai peur. Où est ce que je suis. Si seulement je pouvais me souvenir ! Mon corps tout entier est un hématome géant. J'ai mal jusqu'à la racine de mes cheveux, jusqu'à sous mes ongles de pieds... Mais le pire ce sont mes mains. Que cachent ces bandages ridicules ? Je vous en supplie qui que vous soyez, laissez moi sortir d'ici. Ces imposants murs qui m'entourent m'étouffent. Il n'y a rien ici, tout est mort : juste moi et le lit entouré d'une machine étrange, entre quatre mur. Le ronronnement qu'elle produit me fait penser à un râle de douleur. Est-ce que je suis morte ? Serait-ce la vision que j'ai de mon cercueil ? Moi qui pensais que la mort serait un beau voyage, j'ai peut-être eu tord. Non seulement c'est moche mais en plus c'est encore plus douloureux que la vie... La pièce n'est éclairée que par une minuscule ouverture dans la porte. D'ici je ne vois pas sur où ça donne. Depuis combien de temps suis-je enfermée ici et qui a bien pu m'y placer ? Je n'ai pas la force de me débattre encore. Les liens sont trop solides, ils ne lâcheront pas. Je ne sais pas ce qu'on attend de moi. Peut-être rien. Peut-être que je vais rester là indéfiniment. Il faut que je pense, que je réfléchisse, sinon je vais devenir folle ! Je suis même incapable d'imaginer le temps qui s'est écoulé depuis mon réveil. Peut-être quelques minutes à peine, peut-être une heure, peut-être trois jours ou un an ! Je ne peux pas rester ici. Non, il faut absolument que je sorte ! De quoi suis-je punie pour demeurer ici ? Je veux sortir, sortir, sortir ! Un besoin né en moi. Je le connais trop bien et les tremblements qui m'assaillent ne sont là que pour le confirmer. Mon Dieu, je n'arriverai pas à survivre si on me laisse ici. Je ne veux pas mourir de cette façon, non pas comme ça ! Il faut que je prenne quelque chose ! Il le faut absolument ! Peut-être que quelqu'un les a cachées sous le lit comme je le fais chez moi ! Mais je suis trop bien attachée pour aller regarder ! Quel supplice ! Il ne faut pas qu'on me laisse ici ! J'hurle, cette fois j'hurle. Je vous en supplie, venez m'aider ! Oh ! C'est si douloureux ! J'ai tellement mal ! Quelqu'un ouvre la porte enfin. Je suis forcée de fermer les yeux devant la lumière qui m'aveugle soudain. Ça me brûle les yeux. Je crie, je demande qui est là, je les supplie de m'aider, mais personne ne répond. Malgré mes yeux fermés je sens bientôt leur présence autour de moi ! Ah ! Quelle douleur, ne me touchez pas s'il vous plait ! J'ai si mal ! Si mal... Quelqu'un ou quelque chose a prit mon bras et l'a soulevé. M'a-t-on enlevé les liens qui me retenaient ? Je balbutie quelques mots. Je leur explique que je suis en manque, qu'il faut qu'ils m'aident. Mais j'ai l'impression de parler à des sourds. Une douleur encore plus aigue gagne mon bras. Qu'est ce que vous faites ? Ils essaient de me tuer ! Je ne dois pas les laisser faire ! Je bouge dans tous les sens mais bientôt je sens un poids immense sur ma poitrine qui me plaque contre le matelas et empêche à nouveau le moindre de mes mouvements. Je crie aussi fort que je le peux, puis quelque chose vient : une fatigue immense contre laquelle je n'arrive pas à lutter. Quelque part, très loin j'entends des rires. C'est de moi qu'on se moque, des mots sont échangés mais ils n'ont aucun sens à mes oreilles. Les voix se gonflent de plus en plus, les sons sont de moins en moins distinctes. Je sombre.


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# Posté le mercredi 15 décembre 2004 10:51

Modifié le mardi 15 février 2005 18:32

EpIsOdE 4

Je me réveille encore dans un endroit que je ne connais pas. Puis soudain je prends conscience : ce sont encore les mêmes murs blancs, le même lit, les mêmes appareils autour de moi et cette même porte. Chaque fois que je me réveille je me dis que c'est un cauchemar dans lequel je suis prisonnière, mais le cauchemar s'éternise. Je suis prisonnière de moi même. Je ne lutte plus, je ne cherche plus à me débattre. Je m'en suis lassée. Je sais que les liens qui retiennent mes bras à ce lit ne lâcheront pas, de toute façon il ne reste pas assez de force en moi pour tirer une nouvelle fois dessus. Je ne suis plus capable de rien. Parfois la porte s'ouvre, alors la lumière rentre, m'aveugle totalement. On s'agite autour de moi, je force mes lèvres à s'entre-ouvrir, je demande quel jour nous sommes, mais personne ne me répond jamais. Enfin ils repartent, ferment la porte, et me voilà seule à nouveau dans cette pièce déserte. Le pire, c'est la souffrance. Au départ la douleur était insupportable, continue, jamais elle ne me lâchait. Je crois qu'elle est toujours présente mais à force je me suis habituée à elle et celle la ne me gêne plus. Malheureusement une autre douleur est apparue. Je sais que je fais des crises de manque, j'ignore si se sont elles qui me provoquent ces spasmes de douleur intense. Ça vient d'un seul coup sans que je ne me doute de rien. Enfin si, je me doute car elles finissent toujours par revenir et ma seule occupation consiste à les attendre, mais je ne les sens pas arriver... Soudain mon corps entier se convulse, comme si une crampe s'emparait de tout mon corps. Je sens la parcelle la plus infime de moi, car cette plus infime parcelle comme tout le reste se transforme en pure souffrance. Ça dure... je ne sais pas combien de temps ça dure. Comment je pourrai savoir, je n'ai plus aucun repère de temps puisqu'on refuse de m'en donner. Je voudrai mourir mais je ne peux pas. J'ai essayé d'avaler ma langue pour m'étouffer, mais c'est plus fort que moi, à chaque fois je ne peux aller jusqu'au bout. J'aimerai tant pourtant réussir à ne pas avoir ce dernier sursaut de volonté pour rester en vie. Putain de volonté humaine, à quoi me sert de vivre si c'est pour passer ma vie allongée sur ce lit, les bras et les pieds attachés ? A rien ! Ca ne sert à rien ! Alors pourquoi je suis encore là ? Je rêve de pétards, de raï de coke, de seringue et de cachet en tout genre. Je ne fais pas que de les rêver, je les vois. Ils volent parfois au dessus de moi mais je sais que je ne peux les atteindre. Ils me narguent et ils ne sont pas les seuls. J'ai l'impression parfois que des gens que je côtoyais avant viennent dans cette pièce et me hurlent leur rage. Je ne sais pas si ils viennent vraiment car je les vois disparaître comme ils sont venus : comme par enchantement. Mais après tout pourquoi pas ? La situation est si bizarre, ça ne paraît pas plus irréel que le reste ! Je voudrais me souvenir de qui j'ai vu défiler près de mon lit... je ne m'en souviens pas. Si tôt venus ils partent de ma mémoire. Je sais juste que des gens viennent et que les paroles qu'ils me disent me blessent presque autant que les crises de spasmes. Après la douleur physique c'est cette douleur mentale qui est si dure à supporter. Je ne peux m'empêcher de faire défiler les souvenirs dans mon esprit. Je préfèrerai tellement taire tout ça. Ne plus entendre à nouveau toutes ces choses, ni les voir. Mais elles s'acharnent contre moi. Les scènes les plus horribles de mon existence sont celles que je vois le plus souvent. Elles me hantent comme de vieux fantômes. Elles me dévorent. M'enflamment, me brûlent de l'intérieur. Je deviens folle je le sais. Comment ne pas le devenir ? Ça ne sert plus à rien de s'accrocher. Me battre ? Mais pourquoi donc ? Je suis un poids pour tous ceux que j'ai connu. Une honte. Je ne sais pas ce que je fais ici mais c'est normal que les gens comme moi y soient. Quoi que soit ce à quoi je vais servir, je ne manquerai à personne. Personne ne se souciera de savoir si je vais bien ou non. Pire, ça en satisfera certain de voir que je ne suis plus là. Oh ! Mon Dieu, encore ? On vient une nouvelle fois se repaître de mon spectacle... Venez tous voir comment finit Faith... Je déteste cette lumière, mais je sais qu'elle va finir par disparaître. Ces gens autour de moi, bientôt ils seront partis, il fermeront la porte. Je les hais. Je vous hais tous ! Je sens une sensation bizarre. Je n'ai pas assez de force pour savoir ce qu'il se passe. Je me force à ouvrir les yeux. Oh comme c'est douloureux cette lumière, ça me brûle les yeux ! Des mains, des mains qui ne sont pas à moi. On me bouge je crois. Je tente de parler. Qu'est ce qu'il se passe ? Le râle qui franchit mes lèvres je le perçois bizarrement. Il n'a rien d'humain, il n'a rien de compréhensible. Je ne sais pas ce qu'il se passe. Mais j'avance. J'avance vers la lumière.


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# Posté le lundi 27 décembre 2004 05:31

Modifié le mardi 15 février 2005 18:31

EpIsOdE 5

Je suis blasée. Je dois encore tenir quelques heures et je serai de retour à la maison. Encore une ou deux chambres mais ça me semble encore bien trop. Pourtant je n'ai pas à me plaindre je ne suis pas dans le pire des services... Mais parfois j'ai du mal à supporter tout ça. Bien sur je suis mieux payée ici que je l'aurais été dans un hôpital publique, j'aurai aussi eu plus de travail là bas, mais je n'aurais pas vu ce genre de patients à longueur de journées. Si j'avais pu imaginer que je finirai ma vie à bosser dans un endroit pareil j'aurai choisi de devenir secrétaire, pas infirmière ! Mais un salaire à la maison ça ne suffit pas, alors je vais finir mes heures et rentrer, préparer à manger et me poser devant la télé. J'ouvre la porte de la prochaine chambre après avoir prit une grande inspiration. L'avantage dans ce genre de clinique c'est que je ne suis pas obligée d'afficher un grand sourire quand je vais voir les patients. Je ne comprends même pas qu'on puisse vouloir aider des déchets pareils. La plus part reviendront peu de temps après être sortis, ils s'en foutent que je leur souris ou non. Je vais près du lit, jette un regard sur les fiches, vérifie que tout est en ordre tandis que cet imbécile me regarde avec des yeux de tueur. Je déteste ces gens. Au moins celui là ne dit rien, il ne m'embête pas et bien vite je sors de la salle sans avoir échangé un mot avec lui. Encore une dernière chambre, un tour dans le couloir et c'est finit. Allez, courage ! J'ouvre la porte avec appréhension : il faut que je fasse plus que des vérifications, j'espère que rien ne me fera perdre du temps. La gamine est comme toujours allongée sur le dos dans son lit. Elle tourne la tête vers moi lorsque j'entre. Ses yeux sont vides, on dirait que toute vie s'en est échappée. Je suis habituée à voir ce genre de chose mais un frisson remonte tout de même le long de ma colonne vertébrale. Si c'est pas malheureux de voir des choses pareilles... Celle là a quand même réussit à nous faire une overdose après être arrivée. Je n'étais pas là à ce moment là mais Sylvie m'a raconté son arrivée. J'y repense malgré moi. Les histoires des malades sont celles que l'on raconte pendant les pauses, histoire de passer le temps. Je revois encore Sylvie en train de me raconter celle là. Les parents étaient déjà venus une fois sans la fille, pour se renseigner afin de la laisser ici suivre un des programmes. Je souris en pensant qu'eux même n'avaient certainement pas imaginé qu'elle passerait d'abord un bon moment en soins intensifs ! Ce fut le cas : la seconde fois la fille était avec eux, dans un sale état, complètement droguée, elle s'était arrachée des cheveux, elle était brûlée gravement en particulièrement ses mains. Je ne sais pas si elle a vraiment eu le temps de signer les papiers, j'en doute vu l'état de ses doigts, mais je m'en fiche à vrai dire. Puis elle nous a fait une overdose. Ce genre de choses est insupportable, je suis bien contente de ne pas avoir été de service ce jour là. Puis après l'overdose le coma pendant quelques jours, s'occuper de ces légumes c'est encore ce que je préfère, et enfin le réveil et là malheureusement j'étais là. Je me souviens d'avoir été choquée au départ par ce genre d'attitudes quand j'ai commencé à travailler ici, maintenant ce n'est que de l'ennui. Oui, je déteste quand ils se débattent, qu'ils tirent sur les liens, car nous sommes obligés de les attacher, jusqu'à faire saigner leurs poignets, lorsqu'ils ont des hallucinations et des crises de manque... Ce sont toujours des soins difficiles à faire, et fatigants... La gamine continue à me fixer tandis que je prends les fiches. Je lis son nom par automatisme, je sais pourtant que dans quelques minutes j'aurai oublié qu'elle s'appelle Faith Carter, qu'elle a à peine dix neuf ans... Je suis rassurée qu'elle ne dise rien. Quand elle a récupéré sa voix elle n'a fait qu'hurler deux jours non stop jusqu'à la perdre de nouveau. Elle a encore crié quand elle l'a récupéré puis comme toujours, comme eux tous, elle a finit par comprendre que lorsqu'elle gueulait ça retarderait le moment où elle aurait le droit à des explications... Maintenant elle attend, bien sagement. Je ne comprends pas comment ses parents peuvent croire que la mettre ici servira à quelque chose. Il faut vraiment être désespéré... Il suffit de voir l'état lamentable dans lequel elle est : elle est née pour devenir cinglée, elle a goûté à la drogue et si elle est ici ce n'est pas son choix, elle fera semblant d'être guérie puis recommencera à se droguer jusqu'à ce qu'elle en crève. Ses parents ont beau essayer de la sauver, lorsqu'elle crèvera enfin ils seront rassurés, ce sera un poids en moins pour eux... Ils essaient de se persuader du contraire mais ils n'ont pas cherché à la voir une seule fois, il faut bien comprendre ce qui paraît logique... J'enfile des gants en plastiques et enlève les bandages qu'elle a sur les mains. Les brûlures sont assez graves mais elles cicatrisent assez rapidement, elle en a encore pour un ou deux mois avant d'aller rejoindre les autres... Je me dépêche pour partir plus vite. « Vous me faites mal ! » La voix est roque et le ton se veut impertinent, rebelle... Je continue pourtant de la même façon, est ce que c'est de ma faute à moi si elle a mit ses mains dans les flammes ? J'ai envie de lui dire qu'après avoir presque mit le feu à la maison de ses parents, cette douleur est méritée, que c'est une bonne leçon pour ce genre de gamine, mais ça ne servirait à rien. Je le pense juste fort, je veux rentrer chez moi. Elle n'ajoute plus rien d'ailleurs. Elle se contente de tourner le visage vers la fenêtre. Je change les autres pansements qu'elle a un peu partout sur le corps. Bientôt elle sera à nouveau capable de se mettre debout sur ses jambes, j'espère que ce ne sera pas moi qui devrais l'accompagner pour l'aider à marcher... Allez, plus qu'un pansement et je vais m'en aller, rassurée de ne pas être celle qui distribuera les plateaux repas ce soir : je sens cette gamine d'une humeur à jeter la bouffe sur les murs dès qu'on la présentera devant elle. Déjà que nous sommes obligés de lui porter la nourriture dans la bouche puisqu'elle ne peut prendre la cuillère avec ses bandages... Voilà ! Enfin terminé ! Je ramasse les anciens pansements qui traînent sur le lit, hop dans la poubelle ! Il faudrait que je refasse le lit mais tant pis, ça passera inaperçu, au moins celle la ne fais pas dans ses draps, et moi je n'en peux plus... Je retourne vers la porte. Juste avant de la fermer, je jette un regard sur la fille : elle a toujours le visage vers la fenêtre. Assez de cinglés aujourd'hui, le tour dans le couloir et je m'en vais !


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# Posté le lundi 21 février 2005 09:41