EpIsOdE 6

Et voilà encore le ballet incessant qui vient me tirer de mon sommeil. Voilà trois semaines que je suis ici et si je sais quelque chose, c'est bien que faire attention à quoi que ce soit n'est pas utile, que poser des questions n'est pas utile. Alors je ne tourne même pas la tête vers l'infirmière lorsqu'elle entre dans la chambre. Je l'ignore comme elle m'ignore. Trois semaines dans cette chambre sans qu'on ne me dise rien. Je n'en peux plus. La nuit je ne dors plus, je fais des crises de larmes, de tremblement. Cet endroit est horrible, horrible. Pourquoi je suis ici. J'ai soudain une envie de pleurer qui me reprend mais je rembarre mes larmes : pas devant eux. Les questions. Toujours des questions qui tournent dans ma tête à longueur de journée. Regarder passer les ombres et penser pour ne pas devenir cinglée. J'ai envie de m'échapper de cet endroit mais je tiens à peine plus de deux minutes debout. Je me traînerai sur le sol si mes bras avaient plus de force, mais ce n'est pas le cas. Il ne faut pas non plus que je m'échappe dans ma tête. J'ai peur de ces instants où ma tête se vide totalement. Si je ne pense plus à rien je serai définitivement folle, peut être le suis-je déjà. Il faut penser, pour remplir les journées, pour remplir les heures qui tournent, les minutes et même les secondes. Penser sans interruption, ressasser tous les souvenirs, réciter les tables de multiplication. Et la nuit, prendre l'oreiller malgré la douleur qui s'empare de mes mains et le coller sur ma tête pour étouffer les bruits. Ces bruits horribles, ces cris poussés par je ne sais quoi, tout le long du couloir. Ces bruits qui n'ont plus rien d'humain, des complaintes de folie, des hymnes à la mort. Je ne supporte pas ces cris, la souffrance que l'on ressent dès le premier son et qui dure toute la nuit jusqu'au petit matin. Mais là non plus on n'ose pas dormir, on garde les yeux ouvert parce qu'on a soudain peur de tout. Parce que on sait que l'on va devenir fou. Je deviens folle. L'infirmière se penche sur moi, m'aide à me relever. Je me laisse faire sans rien dire. Indifférente comme elle l'est. C'est déjà l'heure de marcher ? Je me pose la question mais je n'ai que faire de la réponse et n'affiche même pas le moindre air interrogateur. Un deuxième infirmier. C'est celui que je déteste, qui vient seul parfois à côté de moi lorsqu'il fait mes soins et chante « Tu vires cinglée, t'es un déchet, plus personne pour t'aimer ! » inlassablement sur l'air d'une comptine pour enfant. Je rêve parfois de le tuer, si je suis folle n'ai-je pas le droit d'avoir de telles pensées ? Ils me font assoire sur la chaise et me poussent le long du couloir. Je nourris yeux du moindre détail. Ils en sont avides eux qui connaissent par c½ur le moindre grain de poussière de la chambre dans laquelle je passe mes jours. L'on dépasse le couloir. C'est la première fois que je vais aussi loin. C'est avec émerveillement que je vois des murs lézardés que je ne connais pas, du carrelage sur lequel de la rouille a déteint. Quel bonheur pour mes sens affamés de côtoyer enfin autre chose que ma cellule. J'ai presque envie de pleurer de joie. C'est si laid cet endroit mais si nouveau, si beau. Plus nous avançons plus il y a un étalage de luxure. C'est à peine repu d'image et de sons que je réalise que le voyage s'achève. Nous nous sommes arrêtés. Une porte en bois nous fait face, je la regarde dans les moindres détails. L'infirmier toque sur la porte. C'est un bruit que je retrouve avec tellement de plaisir. On ne frappe jamais à ma porte moi. Une voix dit d'entrer, cela aussi c'est tellement magique, une autre voix enfin ! Du rouge, du vert, de l'or, toutes ces couleurs, c'est si beau ! Le moindre détail, les tapis les rideaux, les étagères remplies de bricoles et de brique à brac, de papier, de livres aux reliures abîmée, les tableaux accrochée au murs, le papier peints au motifs étranges, le radiateur, le bureau et les fauteuil, les papiers, tous les papiers, le bouquet de fleurs en plastique... Mes yeux se posent partout, se délectent de voir. De voir simplement car je connais ma chambre par c½ur et n'est plus besoin de mes yeux, ils restent ouverts mais ne servent à rien. « Mademoiselle Carter s'il vous plaît, je n'ai pas de temps à perdre ! » Je prends soudain conscience de la présence devant moi. Assise derrière son bureau, une femme à l'air sévère me regarde. Mais ce n'est pas une infirmière ! Mes souvenirs ne sont pas faux alors, il existe bien un monde qui n'est pas remplit d'infirmiers ! Un monde où je n'étais pas obligée de porter un pyjama en permanence ! J'en ai douté, j'en ai tellement douté, d'avoir inventé toutes ces choses, d'avoir créé dans ma tête un monde ailleurs, différent et pourtant si cruel et sale. Mais un autre monde... « Mademoiselle Carter ! Vous lui avez donné quelque chose ? » Les voix me paraissent à la foi lointaines et proches. J'ai l'impression que ça fait si longtemps que je n'ai pas entendu une phrase aussi longue ! « Non rien madame, à cause de sa dépendance nous ne pouvons rien lui donner... » « Mademoiselle Carter ! » C'est le déclic je me rends enfin compte que l'on me parle. Je lève la tête. Mon interlocutrice a des airs de professeur coincé. Une femme plus toute jeune, habillé chiquement et qui possède un air sérieux. Trop sérieux. Elle a les yeux sévères. J'ouvre doucement mes lèvres : « Oui ? » Oh étrange le son de ma voix. Faible et hésitant et pourtant j'essaye de répondre correctement. « Enfin... Bien, je suis Madame Waller, la directrice de cet établissement. » J'ai l'impression de sortir d'un songe tout doucement et je ne réalise les choses que petit à petit. Je comprends que je vais avoir une explication. Pourquoi je suis ici, pourquoi je suis dans cet état, pourquoi toutes ces choses. Savoir. Enfin. De plus en plus « réveillée », j'ose demander « Où sommes nous ? » Ma voix prend de l'assurance mais je n'arrive toujours pas à l'utiliser comme je la souhaite. « Vous êtes dans un endroit qui s'appelle 'La maison Mc Farthy', c'est une clinique privée. » Ce n'est pas que ses réponses soulèvent des questions, mais plutôt que j'ai enfin l'occasion de poser celles qui me tournent dans l'esprit depuis des jours, qui reviennent toujours. « Pourquoi je suis ici ? » Elle me fixe dans les yeux pour me dire « Pour vous soigner ! » Me soigner de quoi ? C'est depuis que je suis ici que je suis mal, je n'ai jamais autant souffert qu'ici ! Depuis que je suis dans cet endroit ma vie est un enfer ! Je m'emporte et dis tout haut mes pensées tout en haussant le ton. La panique commence à s'emparer de moi et je ne peux que crier plus fort mes désaccords avec cette situation. Je veux partir je veux partir ! Je l'hurle. L'infirmière et l'infirmier viennent se poser à côté de moi, leurs mains sur mon épaule pour me forcer à ne pas bouger, la douleur que provoque cette pression sur mes plaies suffit pour me faire taire. « Malheureusement c'est à nous de décider lorsque vous allez sortir. (Elle me tend un papier mais je n'ai pas assez de force dans mes bras pour le prendre, après avoir tenu cette chose en l'air quelques secondes, elle le pose devant moi sur le bureau.) En arrivant ici vous avez signé ce papier qui nous autorise à être les seuls juges de votre état et il va de soi que votre état ne nous permet pas du tout de vous laisser sortir ! » Je déglutie. Je ne comprends plus rien... « Je n'ai jamais signé de papier... » Un sourire carnassier se dessine sur ses lèvre. « Mademoiselle Carter, vous souvenez vous des circonstance qui vous ont amenées ici ? » Je suis forcée d'avouer que non, mais j'ai peur de savoir maintenant. Je me tais tout simplement. « Vous êtes arrivées ici il y a plus d'un mois. Ce sont vos parents qui vous ont amenés après vous avoir trouvé dans un état lamentable dans votre chambre... » Mes lèvres restent encore closes, je me doute de ce qu'elle va dire et ça ne me rassure pas. « Mademoiselle Carter, vous avez prit de le drogue dans une quantité très importante, que vous avez mélangée avec de l'alcool et divers médicaments. Lorsque vos parents sont entrés dans votre chambre ils vous ont trouvé sur le sol, en train de fumer de la marijuana, vous vous êtes énervée, vous avez attrapé un morceau de charbon incandescent que vous avez lancé au visage de votre père. Il a essayé de vous calmer mais vous vous êtes débattue, pire vous avez commencé à vous frapper et à vous arracher les cheveux. Par la suite vous avez proposé de la drogue à votre mère en lui indiquant qu'elle trouverait diverses pilules sous votre lit. En essayant de vous arracher la bouteille d'alcool que vous teniez dans les mains, votre père l'a renversée, vous avez à nouveau prit le charbon à pleine main pour le lancer et avez provoqué un début d'incendie dans la pièce. Vous vous êtes mise à danser dans les flammes où votre père a enfin réussit à vous attraper. Il vous a immédiatement amenée ici. Nous vous avons donc fait signer les papiers pendant que vous étiez encore consciente, puis vous avez fait une overdose avant que nous ayons pu pratiquer le moindre soin. Vous êtes restée dans le coma quelques jours, nous avons été obligés de vous garder dans une salle isolée, attachée sur votre lit car vous vous débattiez sans cesse. Nous vous avons sortie de cette chambre il y a trois semaines et enfin nous voilà ! » Je suis abasourdie par l'histoire que j'entends. Ça ne peut pas être vrai. Ma défonce n'a pas pu aller jusqu'à ce point là ! C'est faux, c'est forcément faux ! « C'est impossible... » C'est seulement un murmure qui sort de ma bouche mais elle arrive à l'entendre. « Si, c'est la vérité, vous êtes assez âgée pour comprendre la gravité de votre cas. Mais maintenant vous êtes ici, les choses seront différentes. Vos parents s'étaient déjà renseignés pour que vous suiviez un de nos programmes pour adolescents en difficulté, vous pourrez les remercier lorsque vous les verrez à nouveau de vous payer cette 'seconde chance'. Vous devez comprendre que la façon dont vous viviez avant était tout sauf acceptable. Lorsque votre santé se sera arrangée, vous irez rejoindre vos camarades, vous allez suivre un psychiatre, suivre des cours comme vous le faisiez avant de faire le mur, en bref, nous allons vous aider à commencer une nouvelle vie, une vie ordonnée sans drogue ni alcool. » Je ne veux pas. Non, je ne veux pas ! Je veux sortir d'ici. Je veux m'en aller ! Laissez moi partir ! Je n'ai jamais signé ce papier ! Je me jette, usant de toutes les forces qui sont en moi, sur la feuille, je veux l'arracher. Mais deux mains me retiennent. Je me débats ce qui me fait souffrir horriblement, je crie. Elle leur ordonne seulement de me faire sortir du bureau et mes deux bourreaux s'exécutent immédiatement.


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# Posté le mercredi 23 février 2005 15:50

EpIsOdE 7

Maintenant que j'ai entendu des mots sortir des lèvres d'une personne à nouveau, plus question de rester dans ce silence. Je ne veux pas retourner dans ma chambre et faire à nouveau comme ces trois semaines passées. Je veux parler et je veux qu'on me parle. Je n'ai pas envie de rester cloîtrée, j'exige de bouger et je le fais savoir. Je pensais que les choses allaient changer d'elles même mais après une journée il a bien fallu que je me rende à l'évidence : on compte me laisser encore trois semaines, ou plus, ici sans me dire un mot, en ignorant totalement mon existence. Je les déteste, mais ça ne me donne qu'encore plus envie de me battre contre eux, je sais que ça ne les arrangera pas que j'ai réellement envie de sortir, c'est pour ça que j'ai voulu me faire entendre. Je me rappelle avec une joie non dissimulée comment mon plateau repas a volé contre le mur dès ce soir là. La tête dépitée de l'infirmière qui, je crois, souhaitait réellement me mettre une baffe. Elle ne l'a pas fait et j'ignore pourquoi elle s'est retenue d'ailleurs... Pour elle comme pour moi ça n'aurait eu aucune importance, mais elle ça l'aurait fait se défouler... Puis j'ai hurlé que je voulais sortir d'ici, que je n'en pouvais plus de cette chambre. Trois jours qu'ils m'entendent hurler dès que j'entends leur pas raisonner sur le sol dans le couloir. Il n'en peuvent plus je crois... Je l'espère fortement en tout cas... Quand je m'étais réveillée et que j'avais hurlé je m'étais rendue compte que ça ne servait à rien avec eux et que c'était tout aussi facile et beaucoup moins fatiguant de me taire. Je n'ai pas parlé pendant trois semaines, mais cette fois je ne ferai plus cette erreur ! Je vais tellement les emmerder qu'ils seront bien forcés de réagir. Justement on ouvre ma porte. De nouveau j'hausse la voix. Jouer ma chieuse est tellement jouissif car après tout, je n'ai rien d'autre à faire de mes journées... C'est si bon de s'occuper ! Ils sont trois qui s'avancent autour de moi, qui m'entourent autour du lit. Ils tentent soudain de me prendre les pieds et les bras pour m'empêcher de bouger. Eh ! Ce n'était pas prévu ça ! Non ! Je ne le laisserai pas faire ! Je bouge dans tous les sens comme un asticot au bout d'un hameçon. Je leur donne beaucoup de mal. Décoche un coup de pied à l'infirmier que je voudrai pouvoir tuer. Je souffre le martyre à faire ça et je sais que j'use le peu de force que je possède mais... et alors ? Je ne leur donnerai pas la satisfaction de faire ce qu'ils veulent. C'est là que j'aperçois la quatrième infirmière. Je ne l'ai pas entendue ni vu entrer. Merde ! Là je flippe totalement ! Je me débats sans ne plus avoir aucune notion de douleur ! Non pas ça ! Non, non pitié ! Les choses se passent trop vite. J'ai beau bouger dans tous les sens, ils finissent par me maîtriser et me l'enfiler... Celui que je déteste plaisante : « Maintenant on va t'apprendre à nous casser les pieds comme ça... » Sans ménagement je suis soulevée de mon lit et tirée sur le col plus que portée. Impossible pour moi de faire le moindre mouvement. Qu'on me débarrasse de cette horreur ! Je ne veux pas, non je ne veux pas ! Nous traversons le couloir puis tournons sur la gauche dans un autre couloir. Ils ouvrent une porte et me lancent à l'intérieur de la pièce. J'ai juste le temps d'apercevoir que les murs semblent comme des matelas géant ainsi que le sol et le plafond. Ils ferment la porte et éteignent la lumière. Noir. Je continue d'hurler, je leur ordonne de revenir me chercher. Je crie longtemps mais personne ne répond. Alors je ne pense plus à rien le temps de laisser à mon c½ur le temps de se calmer. Malheureusement une fois que le calme est revenu, c'est la douleur qui l'accompagne. Quelle crétine d'avoir bougé d'une telle façon... Je reste allongée sur le sol, la tête posée contre cette matière molle. Tiens, ça change, moi qui passe ma vie dans un lit, c'est toute la pièce là qui est un lit maintenant... Quelle ironie... J'ai mal, j'ai vraiment mal. La position que la camisole impose à mes bras est vraiment douloureuse... Mais je ne peux rien faire. Je n'esquisse toujours pas le moindre geste. Je me contente de ne plus bouger, allongée ici, jusqu'à ce que mes yeux s'habituent à la pénombre. Cela met un certain temps et une fois que c'est fait je me rends compte que c'est tout à fait inutile. Mes yeux clos ou fermés, c'est pareil : il n'y a rien à regarder dans cette salle. Il n'y a que dans les films que j'ai vu des trucs pareils. C'est là où on enferme les fous dans les asiles pour les calmer et on ne les en sort que au bout de deux ou trois jours. Essayons d'être calme. Plusieurs questions me viennent à l'esprit. La première : Je suis restée trois semaines dans la même chambre, pensent-ils vraiment que c'est le fait de rester dans une autre pièce pendant trois jours qui va me punir ? Je saurai leur montrer que je suis plus forte que ça... Deuxième question : suis-je effectivement folle et dans un asile ? Je suis dans un asile, ça c'est sur. « La maison Mc Farthy » ! Ca ne trompe personne ! Mais suis-je folle ? Comment sait-on quand on est fou ? C'est tellement compliqué... Comment leur prouver qu'ils ont tors et que je peux sortir ? Je ressens à nouveau un besoin que je n'avais pas ressenti depuis quelques jours. Envie de prendre un acide... Je ne dois pas penser à ça...Faire tourner mon esprit, balancer un souvenir dans ma tête comme une cassette dans un magnétoscope... Ecole primaire, CM1 dans la cour, quand on jouait au loup, quand on formait une chaîne pour aller délivrer ceux qui étaient prisonniers... Une pilule... Mon Dieu j'en est tellement envie. Une chaîne. Il y avait cette fille aussi dans la classe des tarés, qui s'habillait comme un épouvantail et dont on se moquait en permanence. Mon année de terminale me revient en mémoire. Non. J'en ai encore plus envie. Je ne veux pas me souvenir de tout ça ! Je ne veux pas ! Pourtant il faut que je pense. Il ne faut pas que je vide totalement ma tête, sinon je n'arriverai plus à la remplir. Je serai vide définitivement. Depuis combien de temps je suis là ? J'ai une crampe dans le bras. Il faut que je change de position, que je me redresse. Je me mets tout d'abord sur le dos. Allez, j'avais de bon abdos dans le temps... Première poussée, je me lève à peine. Deuxième : je ne me lève plus du tout. Je n'aurai jamais du me débattre comme je l'ai fait... Je reste sur le dos puisque je n'ai pas le choix. Penser à des choses qui ne sont pas des souvenirs... Je soupçonne, plus que je ne me rends vraiment compte, le temps de passer pendant que je récite à voix haute et en grimaçant à cause de la douleur, les tables de multiplication jusque vingt cinq, quelques poèmes de Rimbaud apprit je ne sais plus en quelle classe, des fables de La Fontaine, le nom des présidents depuis la première guerre mondiale, un poème touchant qu'un prétendant m'avait écrit au collège et un tas d'autres trucs du genre... Je comprends enfin la difficulté d'être ici. Je n'ai aucune notion de temps, je suis seule avec moi-même et je commence sérieusement à me faire peur tellement je me suis une inconnue, et... la faim. Depuis combien de temps je n'ai pas mangé ? Jamais je n'aurai du balancer ma bouffe sur les murs... La faim finit par me provoquer de douloureux maux de ventre et bientôt de crâne... M'aurait-on oubliée dans cette pièce ? Une nouvelle crise de panique me prend. Peut-être est-il arrivé quelque chose dehors et on m'a laissé ici. Personne ne viendra plus jamais ! Dans ma chambre il y avait ce ballet d'infirmier qui me semblait insupportable mais finalement c'était un bonheur. Je suis condamnée à crever comme une merde dont personne n'a jamais voulu... Pitié... Qu'on vienne me chercher... Les crises d'angoisse s'enchaînent et je vois mon corps se mettre à trembler d'une manière ridicule... La soif est si dure à supporter, je tuerai pour un verre d'eau... Un claquement sec. Mes yeux sont éblouis. Un râle s'échappe de mes lèvres : « Il y a donc encore de la vie dehors... »


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# Posté le vendredi 25 février 2005 14:39